
Un test de radon consiste à laisser un dosimètre dans la pièce la plus occupée du bas de la maison pendant au moins trois mois, idéalement entre octobre et avril, puis à comparer la concentration obtenue à la ligne directrice canadienne de 200 Bq/m³. C’est la seule façon de savoir si votre maison contient trop de radon, parce que ce gaz est totalement inodore, incolore et invisible à l’inspection visuelle.
Points clés à retenir
- La ligne directrice canadienne est de 200 becquerels par mètre cube (Bq/m³) de concentration annuelle moyenne, abaissée de 800 Bq/m³ à 200 Bq/m³ en juin 2007.
- L’Enquête pancanadienne de 2024 a mesuré qu’environ 1 maison sur 5 au Canada (17,8 %) atteint ou dépasse cette ligne directrice.
- Au Québec, le radon est associé à plus de 1 000 décès par cancer du poumon chaque année, et à environ 16 % des décès par cancer du poumon au Canada.
- Le radon est la première cause de cancer du poumon chez les personnes qui ne fument pas, et la deuxième après le tabac chez les fumeurs.
- Un dosimètre passif coûte environ 50 $, analyse incluse, et doit rester en place au moins trois mois.
- Un système d’atténuation professionnel réduit la concentration de radon de plus de 80 % dans la plupart des maisons et s’installe souvent en moins d’une journée.
- La concentration moyenne des sous-sols québécois tourne autour de 37 Bq/m³, mais certaines maisons dépassent 1 000 Bq/m³.
Le radon, un gaz du sol qui entre par le bas de la maison
Le radon est un gaz radioactif naturel issu de la désintégration de l’uranium présent dans le sol et le roc. À l’extérieur, il se dilue dans l’air et devient négligeable. À l’intérieur, il s’accumule, parce que la maison chauffée agit comme une cheminée : l’air chaud monte, une légère dépression se crée dans le bas du bâtiment et le sol pousse son gaz vers les fissures de dalle, les joints dalle-mur, les puisards, le vide sanitaire, les passages de tuyauterie et les planchers de terre battue. C’est pour cette raison que la concentration varie énormément d’une maison à l’autre, même entre deux voisines identiques. Le gouvernement du Québec rappelle que la moyenne dans les sous-sols est faible, environ 37 Bq/m³, mais que des pointes de plus de 1 000 Bq/m³ existent. La géologie du terrain, l’étanchéité de la fondation et les habitudes de ventilation comptent plus que l’âge de la maison.
Fissures de dalle, joints dalle-mur et puisard non scelle : les principales voies d’entree du radon.
Pourquoi cela compte pour votre santé
Respirer du radon pendant des années augmente le risque de cancer du poumon. Selon Santé Canada, le radon est la première cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs. L’enquête pancanadienne attribue environ 16 % des cancers du poumon au Canada à l’exposition au radon, ce qui représente plus de 1 000 décès par année au Québec. Le risque n’est pas réparti au hasard. Il grimpe avec la concentration mesurée, avec la durée d’exposition et surtout avec le tabagisme : pour une personne qui fume, une exposition au-delà de 800 Bq/m³ peut doubler le risque de cancer du poumon. La Direction de santé publique de l’Estrie précise aussi qu’une exposition en bas âge amplifie l’effet, un argument de poids pour les familles qui aménagent une chambre ou une salle de jeux au sous-sol. L’Organisation mondiale de la Santé va plus loin que le Canada et suggère un niveau de référence de 100 Bq/m³.
Quand faire le test : la saison de chauffage change tout
La concentration de radon monte quand la maison est fermée et chauffée. Un test réalisé en juillet, fenêtres ouvertes, donnera un résultat trop bas pour être fiable. La période recommandée au Québec est donc d’octobre à avril, avec une mesure d’au moins trois mois pour représenter la concentration annuelle moyenne, comme l’exigeait déjà le protocole de l’enquête pancanadienne. Hors de cette période, seuls les résultats supérieurs à 200 Bq/m³ sont considérés comme significatifs. Un résultat estival inférieur au seuil doit être reproduit en hiver avant de conclure quoi que ce soit.
Dosimètre passif ou moniteur électronique
Deux familles d’appareils de mesure coexistent, et elles ne servent pas au même usage.
| Critère | Dosimètre passif (détecteur à traces alpha) | Moniteur électronique continu |
|---|---|---|
| Durée recommandée | Trois mois minimum, saison de chauffage | Un mois minimum, idéalement trois mois |
| Résultat | Une seule valeur moyenne, après analyse en laboratoire | Lecture en continu, moyenne mise à jour |
| Coût | Environ 50 $, analyse incluse | Plus élevé, achat unique réutilisable |
| Point fort | Précision reconnue pour le test long terme | Suivi des variations et validation d’une correction |
| Limite | Aucune donnée avant le retour du laboratoire | Un résultat de plus de 100 Bq/m³ après un mois doit être prolongé ou validé au dosimètre passif |
Dans les deux cas, l’appareil se place dans la pièce du niveau le plus bas où vous passez au moins quatre heures par jour : un sous-sol aménagé, un bureau, une chambre au rez-de-jardin. On l’installe loin des courants d’air, des fenêtres et des sources de chaleur, à environ 50 cm du plancher et à 20 cm d’un mur.
Interpréter le résultat et savoir quand agir
La ligne directrice canadienne demande des mesures correctives lorsque la concentration annuelle moyenne dépasse 200 Bq/m³ dans les aires normalement occupées, et de ramener le niveau sous le seuil en moins d’un an. La santé publique utilise une échelle d’urgence pour prioriser les travaux.
| Concentration mesurée | Ce que ça veut dire | Délai d’action recommandé |
|---|---|---|
| Moins de 200 Bq/m³ | Sous la ligne directrice canadienne | Aucune correction exigée, remesurer après des travaux majeurs |
| 200 à 600 Bq/m³ | Dépassement à corriger | Correction recommandée dans un délai raisonnable, en moins de deux ans |
| Plus de 600 Bq/m³ | Dépassement important | Corriger en moins d’un an |
| Plus de 800 Bq/m³ | Risque nettement accru, surtout pour un fumeur | Corriger sans attendre et cesser de fumer à l’intérieur |
Bonne nouvelle : la correction fonctionne. Santé Canada indique qu’un système d’atténuation installé par un professionnel certifié abaisse la concentration de plus de 80 % dans la plupart des maisons, souvent en moins d’une journée de travail. La technique la plus courante est la dépressurisation active sous la dalle : un tuyau traverse la dalle, un ventilateur aspire le gaz sous la fondation et le rejette au-dessus du toit. Le scellement des fissures seul aide, mais ne remplace pas le système. Pour une construction neuve, il est beaucoup plus simple et moins coûteux de prévoir les techniques d’atténuation dès le chantier.
Delais d’action recommandes selon la concentration mesuree.
Radon et inspection préachat : ce qui est couvert, ce qui ne l’est pas
Une inspection préachat est un examen visuel du bâtiment. Elle ne mesure pas le radon, parce qu’aucune observation visuelle ne peut le détecter : il faut un appareil de mesure et plusieurs semaines. Les standards de pratique de l’AIBQ encadrent d’ailleurs l’inspection visuelle et laissent les analyses environnementales aux tests spécialisés. Ce que l’inspection apporte, c’est la carte des portes d’entrée du gaz et des indices de risque : fissures de dalle et de fondation, puisard non scellé, vide sanitaire à sol nu, drain non couvert, ventilation mécanique absente ou déséquilibrée, sous-sol aménagé en pièce habitable. Ces observations se retrouvent dans le rapport et vous disent si un test s’impose en priorité. Notre article sur comment analyser un rapport d’inspection explique comment lire ces sections. Comme un test valable prend trois mois, il entre rarement dans un délai d’inspection de transaction. La séquence réaliste est simple : vous achetez en connaissant les facteurs de risque relevés au rapport, puis vous installez un dosimètre dès votre premier automne dans la maison. Si le vendeur détient déjà un résultat, demandez la date, la durée et l’emplacement de la mesure, sans quoi le chiffre ne veut pas dire grand chose.
Le dosimetre passif se place au niveau le plus bas occupe au moins quatre heures par jour.
Un plan en cinq étapes pour votre maison
- Commandez un dosimètre homologué à l’automne, avant que la maison ne soit fermée pour l’hiver.
- Installez-le au niveau le plus bas régulièrement occupé et notez la date et la pièce exacte.
- Laissez-le en place trois mois sans changer vos habitudes de chauffage ni de ventilation.
- Envoyez-le au laboratoire et comparez la valeur reçue aux seuils du tableau ci-dessus.
- Faites corriger si nécessaire par un professionnel certifié en atténuation du radon, puis remesurez pour confirmer le gain.
Un test de radon, une inspection sérieuse de la fondation et un contrôle de la qualité de l’air intérieur forment un trio cohérent : le premier chiffre le risque, le deuxième explique par où le gaz passe, le troisième couvre les autres contaminants comme les moisissures. Vous prévoyez une transaction dans l’Estrie ou en Montérégie, à Granby comme à Sherbrooke ou Saint-Jean-sur-Richelieu ? Contactez-nous pour planifier votre inspection et repartir avec une liste claire des points à surveiller, radon inclus.
Foire aux questions sur le test de radon
Combien de temps dure un test de radon fiable ?
Au moins trois mois, pendant la saison de chauffage. Une mesure d’un mois avec un moniteur électronique donne une indication, mais un résultat supérieur à 100 Bq/m³ doit être prolongé ou validé avec un dosimètre passif.
Quel est le seuil de radon acceptable au Canada ?
La ligne directrice canadienne est de 200 Bq/m³ en concentration annuelle moyenne dans les pièces normalement occupées. L’Organisation mondiale de la Santé suggère un niveau de référence plus prudent, à 100 Bq/m³.
Est-ce que l’inspection préachat inclut le test de radon ?
Non. L’inspection préachat est un examen visuel du bâtiment. Elle repère les voies d’infiltration comme les fissures de dalle et un puisard non scellé, mais la concentration de radon exige un appareil de mesure sur trois mois.
Mon voisin a un résultat bas, suis-je à l’abri ?
Non. Deux maisons voisines peuvent afficher des concentrations très différentes selon la géologie du terrain, l’état de la fondation et la ventilation. Seule une mesure prise chez vous est valable.
Que coûte la correction si je dépasse 200 Bq/m³ ?
Le prix dépend du type de fondation et de la technique retenue, alors demandez une soumission à un professionnel certifié. Ce qui est documenté, c’est le résultat : un système d’atténuation réduit la concentration de plus de 80 % dans la plupart des maisons.
Faut-il refaire le test après des travaux ?
Oui, après tout changement qui modifie l’étanchéité ou la ventilation : aménagement du sous-sol, remplacement de fenêtres, nouvelle dalle, installation d’un échangeur d’air ou système d’atténuation.

